Sans solidarité, l’ « Union » européenne serait fausse.

Amistad Europea Universitaria: Salvador García
10 ago 2015 - 16:42

Face à la souffrance injuste des innocents, la transformation radicale des êtres humains est obligatoire pour mettre fin aux injustices. Cette transformation est particulièrement nécessaire depuis trop longtemps déjà en Europe, pour mettre définitivement fin à cette interminable crise de confiance mutuelle, qui est en train d’épuiser la capacité de résistance de nos semblables, pour la majorité déjà victimes de l’infortune et pour les autres, à l’exception des privilégiés, en train de le devenir.

L’Union européenne s’approche de très près du précipice de la méfiance et de la non-solidarité, dans lequel elle peut se précipiter en une chute mortelle. La seule façon d’éviter cette chute est de s’éloigner de ce précipice, en pratiquant à nouveau la confiance et la solidarité qui rendent vraie son « union ».

Le précipice est le résultat des attitudes de méfiance et de non-solidarité qui transforment les relations socio-économiques en mensonge mutuel. C’est le cas quand le plus fort abuse de la faiblesse réelle ou supposée du moins fort pour s’enrichir au prix de son appauvrissement.

C’est ce qui se passe malheureusement dans le jeu incontrôlé du marché, auquel recourent pour s’approvisionner en crédit les pays alourdis de dettes souveraines. Certains membres de l’Union dégénèrent ce marché, en s’y comportant comme s’ils n’avaient aucun engagement de solidarité avec le reste des membres de l’Union. Ils se comportent face aux investisseurs comme si eux seuls étaient dignes de confiance, en proclamant par tous les moyens possibles que les membres « faibles » de l’Union, ceux qu’on appelle avec mépris les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Spain), ne le sont pas, parce que, selon eux, ils seraient capables de ne pas payer leurs dettes ou mêmes incapables de les payer.

La réaction des investisseurs est immédiate, sous l’action de l’avarice devant le faible et de la peur devant le fort.

Quand ils agissent poussés par la peur, les investisseurs confient leur plus grand crédit au fort qui leur fait la leçon. Et ils leur confient ce crédit non seulement contre un intérêt minimum, mais même en payant un intérêt à leur débiteur pour le dépôt. C’est ce qu’on appelle un prêt avec intérêt négatif.

Paradoxalement, ceux qui profitent le plus de ce traitement de faveur des investisseurs exigent des victimes de leur propre comportement des mesures d’austérité qui les enfoncent irrémédiablement dans le chômage et la récession.

Pour les membres de l’Union qui bénéficient de la crise grâce à l’utilisation de la peur des investisseurs, la seule manière d’expier leur comportement non solidaire et de refaire la vérité de l’ « Union » est d’appuyer, ou au moins de ne pas s’opposer à ce que la Banque centrale européenne propose un crédit avec des intérêts minimaux aux pays qui subissent les effets dévastateurs de leur comportement spéculatif, c’est-à-dire précisément ceux qu’on appelle PIGS.

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